Féminicide : « Les prochaines sont encore en vie »
Une mobilisation citoyenne s’est déroulée lundi après-midi au centre-ville afin de dénoncer le féminicide survenu le 30 mai dernier à Sherbrooke. La mort violente de Mylène Masson-Bessette secoue toujours la communauté. Les prochaines sont encore en vie. Deux participantes à la mobilisation citoyenne en soutien aux victimes de violence conjugale et d'actes criminels. Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan Le collectif Pas une de plus organise systématiquement une action de mobilisation à la suite d'un féminicide. Selon nos sources, la femme de 33 ans était victime de violence conjugale depuis plusieurs mois. Son conjoint Joey Bilodeau a été formellement accusé samedi de meurtre au deuxième degré. Il devrait comparaître mardi au Palais de justice de Sherbrooke. Le féminicide de Mylène Masson-Bessette secoue la communauté. Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan Les événements de cette semaine ont eu des répercussions au sein des organismes qui viennent en aide à ces femmes. En effet, le téléphone ne dérougit pas à l’Escale de l’Estrie, une ressource qui vient en aide aux femmes victimes de violences conjugales. Des femmes et leurs proches les contactent afin d’obtenir des réponses à leurs questions et d’obtenir de l’aide. Au CALACS-agression Estrie on s’attend aussi à ce que le nombre d’appels bondissent pendant plusieurs semaines. Ce drame ébranle également leur clientèle. Il s’agit en quelque sorte d'un déclic pour certaines femmes. Ces intervenantes font de la sensibilisation une priorité. C’est un drame qui aurait pu être évité, selon Kelly Laramée, intervenante au CALACS Agression Estrie. Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan « On voit bien que le téléphone sonne plus souvent », affirme Dominique Côté, directrice de L'Escale de l'Estrie. Photo : Radio-Canada / Laurence Trahan Pour les femmes et les hommes qui en ressentent le besoin, des ressources comme la ligne téléphonique SOS Violence conjugale ou À cœur d'homme existent.La violence, c’est inacceptable et les prochaines sont encore en vie.
C’est ce qu’a scandé une participante dont la meilleure amie est morte aux mains de son conjoint. Le silence sur la violence c’est terminé.

Ça fait cinq fois en mai qu’on se rencontre, donc la prochaine vient vite. C'est un peu paniquant, ça prend des actions rapides
, a affirmé la porte-parole du collectif Pas une de plus, Julie Dionne, la voix nouée d’émotions.Ça fait longtemps qu'on parle de la violence conjugale. À tout âge tu peux être en danger
, a dénoncé une citoyenne mobilisée.Moi, je suis ici pour elle, puis surtout pour dire que j’ai honte d’être un homme quand j’entends des choses comme ça
, a avoué un citoyen venu appuyer la cause.
Les organismes absorbent les contrecoups
Il y a toujours des signes qui font en sorte qu’on pourrait repérer que c’est un cycle de violence conjugale, mais puisque c’est tellement instable, c'est tellement une dynamique qui est changeante, tant au niveau de la crise, mais après ça, il y a tout le temps une rémission, je pense que c’est difficile de le repérer
, selon l’intervenante au CALACS Agression Estrie Kelly Laramée.
Parfois, ce qu’on entend, c’est que des hommes se servent de ces statistiques-là ou de faits divers là dans le journal pour faire peu à leur conjointe encore plus puis pour dire : Tu as vu ce qui s’est passé en fin de semaine, si tu ne te calme pas ou si tu ne fais pas ce que je veux, ça se pourrait que ça t’arrive à toi aussi
, a expliqué la directrice de L’Escale de l’Estrie Dominique Côté.
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